Chronique n°101 : Forbidden, de Tabitha Suzuma.

Forbidden de Tabitha Suzuma.

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Milady, Collection New Adult, 380 pages. Date de sortie : 22 Septembre 2017

Résumé du livre : 

« Je refuse de laisser le monde extérieur nous condamner et détruire le plus beau jour de ma vie. Celui où j’ai embrassé le garçon qui hantait mes rêves depuis toujours. Sommes-nous condamnés à nous dissimuler derrière des portes closes et des rideaux tirés ? »

Il ne reste plus grand-chose de la famille Whiteley. Le père a refait sa vie à l’autre bout du monde, la mère essaie d’en faire autant. Elle dépense plus d’argent chaque mois en alcool et en fringues qu’en pension alimentaire pour ses cinq enfants. Dans la débâcle, les deux aînés, Maya et Lochan, seize et dix-sept ans, décident de prendre les choses en main. En effet, si les services sociaux s’en mêlent, ils seront séparés, placés dans des foyers aux quatre coins du pays. Luttant ensemble pour maintenir leur famille unie, ils partagent les mêmes joies et les mêmes peines. Mais peuvent-ils vraiment s’avouer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre ?

L’avis de Emy :

Ce livre est bien plus qu’un livre. Rien qu’en lisant le résumé, on sait que l’on va avoir mal avec cette histoire. C’est même plus qu’une simple histoire, on fait face à une dure vérité, avec d’un côté une famille qui coule un peu plus et de l’autre deux personnes, deux adolescents qui s’aiment alors qu’ils n’ont pas le droit.

C’est une histoire d’amour impossible entre deux jeunes personnes, Maya et Lochan. Le destin a voulu qu’ils soient frère et sœur. Face aux problèmes d’alcool de leur mère qui ne pense qu’à revivre sa jeunesse et retrouver sa liberté et un père parti à l’autre bout du monde, ils vont s’occuper tous les deux, ensembles, de leurs petits frères et de leur petite sœur. Maya et Lochan ont seulement treize mois d’écarts et doivent gérer ensemble le foyer familial. Ils ne veulent pour rien au monde être séparés et font tout ce qui est en leur pouvoir pour que leur famille reste le plus soudée possible.

Nos deux adolescents ont grandi ensemble. Aux yeux de Maya, Lochan n’a jamais été son frère mais plutôt son meilleur ami, son âme sœur. Pour Lochan, Maya a toujours été sa confidente, elle est la seule qui arrive à le comprendre et l’écouter.

Je me suis très vite attachée à ces deux personnages. Ils ont une mère qui n’est jamais présente quand il faut, ni même juste pas du tout. Elle délaisse ses enfants jusqu’à ne plus revenir du tout dans sa maison. C’est pour cette raison que l’on ne peut que trouver que Lochan et Maya sont courageux. Ils font tout pour que le reste de leur famille tienne le coup et ça fonctionne. Ça a été déroutant de voir tout ce qu’il peut se passer dans leur esprit, on vit avec eux, on avance avec eux. Et on a envie de les aider. On souffre avec eux aussi. Pour ma part, j’ai même pleuré avec eux, j’ai beaucoup trop pleuré de toute façon.

On est au cœur d’un sujet tabou: l’inceste, mais même si notre sens moral nous dit non, on ne peut s’empêcher de les soutenir. On a envie qu’ils puissent être heureux et vivre leur amour car on est déchiré de voir ces deux personnes qui essayent de lutter contre leurs sentiments, qui essayent de toutes leurs forces. Mais leur amour est trop fort. On parle assez peu de ce sujet dans notre société, nous sommes dans une société qui n’aiment pas les différences, où la moindre différence peut perturber et amener à des critiques ou des choses plus violentes, qui n’ont pas nécessairement lieu d’être. Pour ma part, j’ai dépassé et oublié ce sujet tabou depuis très longtemps. Et je pense que ceux qui sont dans mon cas se posent toujours les mêmes questions. Qui sont les questions que se posaient Lochan et Maya. Pour Maya, il n’y avait aucun mal au fait qu’ils soient tous les deux amoureux.

Maya est une jeune fille à qui on a volé sa jeunesse, plus précisément sa mère lui a volé sa jeunesse. On évolue avec Maya, avec ses sentiments, ses doutes et toutes ses questions. On est admiratif de voir qu’elle arrive à tout gérer, à tout faire fonctionner et en même temps, on souffre avec elle car ce n’est pas la vie qu’une jeune fille de 17 ans devrait avoir. Elle est, selon moi, celle sur qui la famille tient moralement, c’est un point d’ancrage.

Pour Lochan, c’est presque la même chose, on est admiratif aussi, il est courageux. Il prend soin de ses frères et sœurs, il arrive à coordonner lycée et famille, alors qu’il s’agit d’une corvée pour lui d’aller à l’école. On a envie de l’aider avec le problème qui le bloque, et qui l’empêche d’aller vers les autres ou de parler en cours. Il repousse tous ce qui tentent de lui parler, seule Maya, le comprend. Je me suis un peu plus attachée à Lochan car avec certains aspects de sa personnalité je me suis reconnue. Il lui arrive aussi de s’emporter, mais ce n’est pas difficile à comprendre, quand on sait qu’il doit tout gérer. N’importe qui, à un moment dans cette situation, exploserai.

L’auteure nous emmène vivre une aventure éprouvante, ça ce n’est rien de le dire. J’ai souvent été déchirée durant ma lecture. Il m’est d’ailleurs difficile de trouver les mots exacts pour exprimer ce que je ressens après avoir fini cette lecture. C’est quelque chose qui ne peut être raconter, c’est plutôt quelque chose qu’on vit, qu’on ressent. Il y a tellement de mots qui viennent à l’esprit que je suis perdue. Cette histoire est intense, puissante, torturante, surprenante, émouvante, déchirante, vivante, dramatique. Et elle est aussi interdite. Nous sommes tenue en haleine du début à la fin, en s’angoissant de ce qu’on va lire à chaque fois que l’on tourne une page. C’est une histoire addictive, dès que je l’ai commencé j’ai eu du mal à m’arrêter de lire. J’ai aussi eu beaucoup de mal à refermer le livre et me dire « c’est fini », car j’aurais voulu que ça ne finisse pas et en même temps si…

L’auteure a réussi à nous transmettre tellement d’émotions à travers sa plume, c’est tellement et vraiment très fort que ça ne nous laisse pas indemne à la sortie. On a vécu avec les personnages, avec leur histoire que j’ai l’impression de les connaître et rare sont les livres qui me font cet effet. On vit avec eux, on subit tout ce qu’il se passe sans rien pouvoir faire, on assiste à la scène. On est changé après cette lecture aussi difficile qu’elle puisse être et je peux dire que je n’ai jamais autant été mal après une lecture. Je suis persuadée que lorsque je la relirai je serais dans le même état. Ce livre brise et il nous hante.

Je vous conseille de lire ce livre au moins une fois pour se rentre compte que, l’amour peut être très … complexe et que ce n’est pas toujours quelque chose de rose et pleins de bisounours partout. Ça arrive que ça fasse mal et là, ça fait mal.

Note de Emy : 

10/5

Vous pouvez retrouver ce livre ici :

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2 réflexions sur “Chronique n°101 : Forbidden, de Tabitha Suzuma.

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