PREMIÈRES LIGNES #24

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

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1

Brisbane, 1946

Il devait offrir un étrange spectacle, vêtu de ce costume qu’on lui avait généreusement offert, mais qui ne lui allait pas. Cependant, il avait de l’argent en poche, et ses papiers de démobilisation dans son paquetage. À peu de chose près, il était un homme libre.

Lorsqu’il porta son regard vers le fleuve Brisbane, il ne dut pas qu’aux reflets sur l’eau les larmes qui lui montèrent aux yeux. Bientôt, elles se mirent à rouler sur ses joues sans qu’il cherchât à les retenir. Il avait attendu si longtemps de regagner l’Australie… Tous les parfums de sa terre natale, tous ses sons, ses paysages… Sa patrie se trouvait gravée dans sa mémoire, ainsi que dans son cœur, et c’était elle qui l’avait aidé à supporter les horreurs des combats dans la jungle, à survivre aux privations imposées par les Japonais dans leurs camps de prisonniers de guerre. Hélas, son retour n’avait en rien constitué une délivrance, car en dépit des longs mois qu’il venait de passer à l’hôpital, il demeurait hanté par les épreuves qu’il avait traversées. Pis, il allait à présent devoir livrer une nouvelle bataille, contre un tout autre ennemi, plus redoutable encore que ceux auxquels il venait de se mesurer.

À trente-quatre ans, il avait vu des choses dont aucun homme ne devrait être un jour le témoin. Il avait survécu au plus terrible cauchemar que l’humanité eût conçu… pour découvrir qu’entre-temps, son corps meurtri, anémié, s’était trouvé pris d’assaut par le cancer. Peu importaient les efforts qu’il venait de déployer, il mourrait, de toute façon. Quelle ironie ! Tandis qu’il essuyait ses larmes en tâchant de se ressaisir, il maudit en silence la cruauté du sort que le destin lui avait réservé.


 

4 réflexions sur “PREMIÈRES LIGNES #24

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