PREMIÈRES LIGNES #52

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Chapitre 1

Cormak

À peine le sas s’est-il ouvert que déjà Cormak s’élance dans la brouillasse rosâtre chauffée à blanc. Sa moto fonce sur la terre rouge craquelée. Tout juste s’il ose respirer, aspirant à petits coups prudents pour s’assurer que son masque à gaz fonctionne. Il relâche alors son souffle et enclenche la vitesse supérieure. Penché en avant, il fait corps avec son engin, projectile profilé brusquement propulsé plein pot. Après une nuit entière à faire toutes ces livraisons d’H2O dans les très chics tours du Secteur 2, c’est carrément jouissif de se retrouver à l’air libre. L’air des tours a beau être quadruplement filtré, il lui paraît toujours plus suffocant que l’atmosphère toxique du dehors.

L’eau est strictement rationnée sur Déva et la plupart des Migrants ont tout juste de quoi boire – alors, pour ce qui est de prendre une douche plus d’une fois par semaine, même pas la peine d’y penser. À moins d’y mettre le prix, bien sûr, et de ne pas craindre d’enfreindre la loi : n’importe qui peut en trouver au marché noir. Auprès de types comme son patron, Sol. Deux ans maintenant que Cormak fait des livraisons dans les tours des riches et, pourtant, les résidents le regardent toujours de travers, genre déchet que les filtres n’auraient pas dû laisser passer. Il a appris à ses dépens qu’il valait mieux ne pas trop reluquer tous ces trucs exhibés dans leurs luxueux appartements : ni les fruits poussant dans les terrariums, ni les films passant sur les écrans, et surtout pas les bouquins sous clé dans les bibliothèques vitrées qui les protègent de l’atmosphère corrosive. S’il y a bien quelqu’un en qui les riches ont encore moins confiance qu’un Dévak poussiéreux, c’est un Dévak poussiéreux qui aime lire.

Le temps est relativement clair aujourd’hui, assez pour qu’on aperçoive, au loin, les tours du Secteur 23 qui se profilent à travers le fin brouillard rose sale. Cormak habite au trente et unième étage de la Tour B, un des six massifs bâtiments de béton qui constituent son si pittoresque home sweet home. Avec un peu de chance, il va pouvoir grappiller quelques heures de sommeil avant que Sol ne le rappelle pour la prochaine tournée de livraisons.

Il allume sa radio intégrée – obligé de taper plusieurs fois de sa main gantée sur son casque pour que cette merde cesse de grésiller.


Ma chronique : Light Years.

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