PREMIÈRES LIGNES #58

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Chapitre 1

Nell, 24 ans – New York

Je me faufile dans la circulation dense en cette fin d’après-midi malgré les récentes chutes de neige. Les buildings forment autour de moi une muraille que d’aucuns pourraient trouver oppressante mais qui m’apaise et me sécurise.

Je suis chez moi ici.

New York City… Big Apple. La ville qui ne dort jamais.

Le froid picote mes joues, sa brûlure fait naître des larmes qui perlent au bord de mes cils. Je profite d’une accalmie dans le trafic pour me redresser sur la selle de mon fixie1 et remonter mon écharpe au-dessus de mon nez.

Mes cheveux bruns attachés en queue-de-cheval basse se balancent dans mon dos au rythme de mes coups de pédales. Une casquette à fine visière surmontée d’un casque coiffe ma tête mais, à cet instant, je rêve d’un bonnet. L’un de ceux avec des pompons, de la fourrure à l’intérieur, des couleurs flashy et des rabats qui couvrent les oreilles.

Mes mains protégées par des mitaines reprennent leur place sur le guidon et je contourne un groupe de piétons qui traversent la rue. L’une des lanières de mon sac de livraison glisse de mon épaule. Comme je finis ma tournée, il est quasiment vide et ne pèse rien.

Un coup d’œil à ma montre et je peste intérieurement.

Merde ! Je suis super en retard sur mon planning…

La faute au dernier client qui voulait absolument recevoir en personne le pli livré et qui a mis une plombe à descendre de son luxueux appartement. J’ai passé une bonne vingtaine de minutes en tête à tête avec un concierge aussi fermé que les portes de Rikers Island.

Mais je suis restée souriante et calme. Professionnelle. Pas question que je fasse perdre à Del. Ex. le marché des défilés, si durement acquis. C’est la Fashion Week en ce début février et mon boulot va consister presque uniquement à courir, ou plutôt pédaler, de palace en duplex avec vue sur Central Park, pour distribuer les invitations aux shows.

Pour l’instant, je louvoie entre les files de véhicules arrêtés, attentive à anticiper les brusques changements de direction, les clients impatients qui quittent les taxis, les autres coursiers aussi fêlés que moi.

Un sourire étire mes lèvres. J’adore cela, cette chevauchée dans la jungle urbaine, perchée sur mon destrier moderne.


Chronique : Over the bars #1.

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