PREMIÈRES LIGNES #66

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Victor rajusta les pelles sur son épaule avant d’enjamber avec précaution une tombe ancienne, à moitié recouverte de terre. Il entreprit de traverser le cimetière de Merit en fredonnant à mi-voix un petit air que le vent emportait dans la nuit. Dans son dos, son pardessus gonflé par la brise effleurait le sommet des pierres tombales. La mélodie étouffée faisait frissonner Sydney, qui le suivait à grand-peine, emmitouflée dans son manteau rouge trop grand, ses leggings bleu vif et ses bottes fourrées. Ils se faufilaient dans le cimetière comme deux fantômes, assez blonds et pâles pour passer pour frère et sœur, ou peut-être même père et fille. Il n’en était rien, mais leur ressemblance arrangeait bien Victor, qui se voyait mal expliquer qu’il avait recueilli la jeune fille sur le bord d’une route détrempée par la pluie, quelques jours plus tôt à peine.
Lui venait de s’évader de prison. Elle venait de se prendre une balle dans le bras… À croire que le destin les avait réunis. D’ailleurs si, pour la première fois de sa vie, Victor commençait justement à croire au destin, c’était en grande partie grâce à Sydney…
Il se tut soudain et, le pied posé sur une stèle, se mit à scruter l’obscurité. Il se servait, pour sonder les ténèbres, moins de ses yeux que de sa chair – ou plus exactement de cette chose étrange qui rampait sous sa peau et palpitait dans ses veines. Victor avait peut-être cessé de fredonner à mi-voix mais, telle une psalmodie lancinante, cette sensation, elle, ne le quittait jamais. Lui seul pouvait ressentir et décoder cette vibration, semblable au bourdonnement ténu d’un courant électrique, qui l’alertait sitôt qu’un de ses semblables approchait.


Ma chronique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s