PREMIÈRES LIGNES #72

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

« C’est un amour bien pauvre, celui que l’on peut calculer »Antoine et Cléopâtre (Acte I, Scène 1)

– Vous êtes renvoyée.

Cesca Shakespeare n’en était certes pas à son coup d’essai. Mais congédiée d’un ridicule bar à chats ? C’était le comble.Le Cleopatra’s Cat Café était en réalité un salon de thé raffiné alliant pâtisseries et passion féline. Concept d’autant plus saugrenu que les quadrupèdes prenaient un malin plaisir à semer leurs poils sur la nourriture. Pourtant, il affichait complet depuis deux semaines qu’elle travaillait là. Il ne désemplissait pas de touristes en extase, agrippés à leurs perches à selfies. Ils adoraient tenir les chats roulés en boule sur leurs genoux pendant qu’ils dégustaient leur lapsang souchong dans des tasses en porcelaine.Les clients, pas les chats.Les chatons, eux, préféraient laper le lait sur les pots peints à la main.

– Mais pourquoi ?

Si elle n’avait pas eu besoin de ce travail, ou du moins de payer son loyer, elle aurait ri au nez de sa responsable. Naviguer avec des plateaux de sandwiches sans trébucher sur les matous qui se mettaient sciemment en travers de son chemin, ce n’était pas le job de ses rêves. Elle s’affalait plus souvent qu’à son tour, renversant des assiettes entières de gâteaux sur une clientèle peu compatissante.

– Manifestement, vous n’êtes pas faite pour cet emploi, déclara Philomena, la patronne. Vous prétendez aimer les chats dans votre CV. Mais à ce que j’ai vu, vous criez sans cesse sur Tootsie, Simba et les autres. Sans parler de votre façon de rabrouer Mister Tibbles, comme à l’instant même. C’est impardonnable.

– Il a uriné sur un plateau rempli de tasses et de tartelettes, protesta Cesca.

– Si vous aviez ramassé ce plateau dès que je l’ai signalé, l’incident ne se serait pas produit. Nos chats sont très angoissés, ils ont besoin de marquer leur territoire. C’est votre rôle de leur fixer des limites. Il me semblait que vous aviez de l’expérience avec les chats de race rare, tel que Mister Tibbles.

Du coin de l’œil, Cesca le vit se dandiner dans sa direction. Mister Tibbles était un sphynx, une race sans poils qui donnait l’impression qu’il se baladait dans le café nu comme un ver.

– C’est exact. J’ai grandi entourée de chats…

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