PREMIÈRES LIGNES #166

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de EMY :

PROLOGUE

PETITE FILLE PERDUE

Pays du Kaong, Grande Vallée

La princesse Luà Tien se tenait immobile face à la mer Amathoïe sans savoir comment ses pas l’avaient menée aussi loin. Elle s’était enfuie, droit devant elle… Le bas de sa robe blanche de cérémonie déchiré, maculé de sang et de sperme, battait ses jambes. L’eau avait stoppé sa course et elle restait là, à la limite de la terre, de la mer, à la frontière de la vie, de la mort.

Ses longs cheveux de jais cinglaient son visage. Pourquoi la cour impériale imposait-elle aux filles de ne jamais les cou#per ? Pourquoi tant de règles contraignantes et hypocrites ?

Le poignard lui parut soudain bien lourd. Elle saisit d’une main sa chevelure et de l’autre remonta la lame sur sa nuque en la faisant crisser sur sa peau. Les mèches sombres tombè#rent dans l’écume, flottèrent un instant, puis s’enroulèrent autour de ses fines chevilles zébrées de traces de doigts.

    Luà tomba à genoux, l’arme glissa de ses mains. Sous ses jambes, elle sentit du gravier, en saisit une poignée, écarta son vêtement et frotta son sexe avec violence. S’arracher la peau, arracher tout ce qu’ils avaient touché. Son cœur se consumait, il brûlait d’horreur. Elle n’était que souffrance…

Non ! C’était au-delà de la souffrance. Elle n’était plus rien. Elle n’avait plus ni corps ni âme. Des larmes coulaient le long de ses joues pâles et de son cou meurtri. Elles sécheraient avant d’atteindre ses petits seins d’enfant écorchés. Luà se releva en titubant et avança dans la mer.

L’eau au niveau de ses hanches s’auréolait de rose. Elle fixait bêtement son sang colorer les flots. Elle aurait préféré tomber dans la folie pour pouvoir oublier. Comment n’avait-elle pas perdu l’esprit ? Sa gorge était en feu d’avoir tant hur#lé. Elle respirait par saccades comme une noyée cherchant l’air entre deux vagues et cet air lui déchirait les poumons à chaque inspiration.


Chronique : L’orbe sacré, Valérie Aguettaz.

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