Chronique : A tue-tête!, Joelle Anat.

Résumé,

Martha est allongée sur le ventre, les jambes rempliées vers le bas de son dos. Sur son lit recouvert d’un tissu de peau de panthère, elle est Rita Hayworth fourrée dans sa robe noire et parée de ses longs gants noirs, enfin marron dans la réalité. Ses longs cheveux rouges du moment, encadrent son crâne et forment une improbable étoile de mer, comme seule Martha est capable d’en inventer, une étoile évadée d’un aquarium fabuleux aux essences divines, voilà ce qu’aurait dit son artiste de père. » Au lendemain de ses vingt et un ans, Martha fuit sa mère et le misérable mobile-home où elle a grandi pour s’installer à Albuquerque, Nouveau-Mexique. Sur fond du féminisme naissant des années soixante, elle se fait embaucher dans une usine avec la ferme intention de conquérir son autonomie et de se réinventer en femme libre. Mais le travail à la chaîne, les conflits de pouvoir entre collègues et son patron conformiste et prétentieux contraindront la jeune femme à faire demi-tour pour affronter son passé, son père absent et la fureur de sa mère. Avec À tue-tête, Joëlle Anat nous livre, plus qu’un roman, une fulgurance poétique. Le rêve de Martha résonne comme un chant universel, nous encourageant à défier ceux qui voudraient condamner, abandonner ou effacer un nom et à répondre fièrement « Tu ne m’as pas détruite, je suis en vie, plus forte que jamais. »

Ce qu’en pense Julie,

Je reconnais que j’ai eu un peu de mal à comprendre où nous allions aller avec ce livre mais également à rentrer dans l’histoire. Puis finalement, au fil des pages je me suis laissée transporter par le personnage de Marta et par son évolution.

Martha n’a pas eu une enfance facile, bien au contraire. Elle ressent un manque perpétuel ainsi que quelques regrets. C’est un personnage que l’on découvre de plus en plus au fil du livre et auquel on peut facilement s’attacher. En grandissant, une Martha plus forte et plus courageuse qui est enfin prête à affronter son passé et surtout sa mère. Dans son chemin elle aura avec elle un carnet magique mais aussi d’autres personnages tel que Mary, Fanny, Wendy et d’autres qui vont l’accompagner…

J’ai adoré l’écriture un peu poétique, à la fois douce et captivante. Ça reste également fluide et facile à lire, franchement c’est une plume plus qu’agréable à lire. Aussi l’ambiance du livre, les années dans lesquelles ça se passe et les différents lieux sont très sympa et intéressants.

J’ai donc globalement apprécié ma lecture même s’il y a deux ou trois choses qui m’ont semblé pas forcément nécessaire au récit et qui ajoute un peu de lourdeur. En contrepartie, il manque peut-être des scènes au début pour mieux comprendre le personnage de Marthe ainsi que son enfance. C’est un livre qui a pour moi un vrai potentiel et qui peut être très bon s’il est un peu retravaillé. 

*service presse reçu dans le cadre du jury des lecteurs librinova.

Citations,

« Jamais je ne me laisserai appeler « délicieuse Marthe », comme il le dit parfois à sa secrétaire, comme si j’étais, je ne sais pas moi, un plat de pâte ou une sucrerie à la guimauve. »

« Carnet magique. Je m’accroche à mes souvenirs. Pourquoi je les lâcherais ? Tu te rappelles Papounet ? On partait juste tous les deux, tu me tenais la main comme les gens normaux, parce que j’étais une petite fille et que les papas tiennent la main de leurs enfants pour les protéger. Et moi, Martha, j’avais un grand besoin de protection.  »

3/5

Où le trouver :
Lien Amazon

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