PREMIÈRES LIGNES #62

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

CHAPITRE 1

– Voilà ma championne !

La voix de son père s’était élevée, claire et gaie, dans la coquette cuisine des Blackthorne, aux dalles rouge et vert kaki, aux longs meubles laqués et à la cuisinière en marche, au-dessus de laquelle trônait l’éternelle nature morte exécutée (c’était le mot…) par une vague arrière-grand-tante dont personne ne se souvenait. Par la baie vitrée aux stores levés pour profiter de la lumière du petit jour, le soleil de Floride s’écrasait déjà contre les murs.

June croisa son reflet dans la porte du four, aussi vague que son état en ce petit matin dominical.

Elle n’avait rien d’une championne, perdue dans son sweat trop grand, les cheveux défaits, les cernes marqués, mais elle retrouvait l’univers familial avec un plaisir non dissimulée, heureuse de se faire chouchouter.

Lunettes sur le nez, Edward Blackthorne se tenait à la table du petit déjeuner, son assiette d’œufs brouillés intacte posée au milieu des papiers qu’il consultait. Face à lui, sa femme leva les yeux de son livre pour sourire à leur fille.

-Je n’ai plus sept ans, papa, dit June en embrassant sa mère.

— Pourtant, quand je regarde tes comptes, je me le demande, répondit son père, non sans lui sourire également.— Un divorce, ça met sur la paille, lâcha-t-elle.Le regard bleu métallique d’Edward se planta dans le sien et y lut ce qu’il savait déjà : après de longs mois à pleurer son mariage raté, elle avait balayé l’amertume en même temps que le souvenir de Nathan et de la même façon – d’un mouvement vif et soudain vers l’avant.— La liberté met sur la paille, intervint son père. Si tu veux créer ta propre école d’art, il faut bien faire quelques sacrifices. Déjà, si tu diminues ta consommation de café…

— Plutôt mourir, rétorqua-t-elle. C’est pour ça que je viens boire le vôtre, d’ailleurs.

— Je croyais que tu venais uniquement par amour pour tes vieux parents.

— Voyons, papa…Même si je n’ai pas sept ans, vous n’êtes pas si vieux que ça.


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