PREMIÈRES LIGNES #76

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Prologue

Elliot

Le vieux chêne dans lequel j’étais perché surplombait tout le quartier de Juniper Street. Pourquoi cet arbre en particulier, alors qu’il y en avait une bonne dizaine d’autres ? Parce que ses racines étaient entourées d’une clôture blanche, une clôture juste assez haute pour tenir lieu de marchepied et me permettre d’atteindre la branche la plus basse. Le contact avec l’écorce, puis avec les branches, m’avait mis les mains, les genoux et les tibias en sang, mais je m’en fichais. Sentir la piqûre du vent sur mes blessures me rappelait que j’avais livré un combat et que j’en étais sorti vainqueur. Le sang, en revanche, m’ennuyait. Pas parce que j’étais une petite nature, mais parce que je devais attendre qu’il sèche pour ne pas risquer d’en mettre partout sur mon nouvel appareil photo.

J’étais calé contre le tronc depuis dix bonnes minutes, assis sur une branche plus vieille que moi, à cinq ou six mètres de hauteur, quand mes plaies ont cessé de suinter. J’ai souri. J’allais enfin pouvoir manipuler correctement mon appareil. Il n’était pas neuf, mais ma tante venait de me l’offrir pour mes onze ans. Elle me l’avait donné en avance parce que, en général, je ne la voyais que deux semaines après mon anniversaire, à Thanksgiving, et elle détestait

m’offrir mes cadeaux en retard. Tante Leigh détestait beaucoup de choses, sauf oncle John et moi.

J’ai plaqué mon œil contre le viseur, et laissé errer mon regard sur les hectares d’herbe et de blé, sur les collines aux arrondis délicats. Derrière les maisons de Juniper Street, où vivait ma tante, courait une sorte de chemin. Deux bandes de terre avec de l’herbe au milieu, voilà ce qui séparait les jardins de nos voisins d’une immensité de blé et de colza. C’était un paysage un peu monotone mais au coucher du soleil, quand les tons orange, roses et violets éclaboussaient le ciel, il n’y avait pas plus bel endroit.


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