PREMIÈRES LIGNES #83

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Ludivine :

Léonore

– Suivante !

Je me pointe au sommet de mes talons hauts, en feignant d’avoir fait ça toute ma vie : pousser la porte d’une agence de mannequins des Champs-Élysées pour espérer décrocher un job. Ou juste un sourire, en fait, ce serait déjà pas mal.

Je pénètre dans un bureau spacieux, dont une autre candidate sort en courant, et j’attends que les deux humains présents entrent en contact avec moi.

– Ton prénom ? Bougonne un type sans même me regarder.

– Léonore. Mais tout le monde m’appelle Léo.

– OK, Léa…

– Non, Léo, le coupé-je en souriant pour rectifier. C’est le diminutif de Léonore.

– OK, Éléonore, me répond une blonde en soupirant, comme si je lui faisais perdre son temps.

Probablement une ancienne mannequin qui refuse de vieillir et de sortir du circuit. Tout la trahit : son visage anguleux et mono-expressif, sa silhouette longiligne noyée dans un chemisier de créateur qu’on lui a sans doute offert, sa prédisposition à se tenir parfaitement droite, sans en avoir l’air, ses longues jambes étendues devant elle dans une position étudiée, les pieds légèrement en dedans, pour rendre ses cuisses de mouche plus fines encore. Elle me scrute, assise d’une demi-fesse sur le coin d’une table. Installé derrière son bureau, le grand Noir moulé dans un col roulé blanc consulte ses deux téléphones portables à tour de rôle.

Il est plus que beau. Plus que chiant, aussi.

– Book ? Me demande-t-il enfin en tendant une main.

Il n’a toujours pas levé les yeux vers moi.

Je m’avance pour le lui donner mais la femme l’intercepte et se charge de faire l’intermédiaire. J’ai l’impression de revivre un terrible jour de rentrée, quand on change de lycée à 15 ans, que l’on a mis jours à choisir sa tenue, à répéter son sourire dans le miroir, et que l’on se retrouve à la fois totalement transparente… et déjà pestiférée.


Ma chronique : PS : Oublie-moi, Emma Green.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s