PREMIÈRES LIGNES #95

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy:

1

AKOS

Les fleurs-de-silence s’ouvraient invariablement lors de la nuit la plus longue. Tous les habitants de la ville fêtaient l’instant où tous les pétales d’un rouge éclatant se déployaient ; les fleurs-de-silence étaient vitales pour l’économie de la nation, bien sûr, mais Akos pensait que c’était aussi pour éviter de devenir fous à cause du froid.

En ce jour de fête de la Floraison, lassé de transpirer dans son manteau en attendant le reste de sa famille, Akos sortit dans la cour inférieure pour se rafraîchir. La maison de Kereseth était de forme arrondie, bâtie en cercle autour d’un poêle, ce qui était censé porter chance.

L’air glacé lui piqua les yeux dès qu’il ouvrit la porte. Il rabattit vivement ses lunettes de protection, dont les verres s’embuèrent aussitôt sous l’effet de sa chaleur interne. Il tâtonna un peu pour saisir le tisonnier dans sa main gantée et le glissa sous le couvercle du fourneau. A froid, les pierres-ardentes qui l’alimentaient avaient l’aspect banal de gros cailloux noirs. Mais dès qu’on les frottait les unes contre les autres , elles jetaient des étincelles. Leur couleur changeait selon la poudre dont on les parsemait.

Aussitôt, elles s’illuminèrent d’un rouge sanglant. Les pierres-ardentes ne servaient ni à réchauffer ni à éclairer la cour, simplement à rappeler l’existence du flux. Comme si le bourdonnement constamment présent dans le corps d’Akos n’en était pas un rappel suffisant. Le flux circulait à travers tous les êtres vivants et se montrait dans le ciel sous toutes les couleurs. Comme les pierres-ardentes. Comme la lumière des flotteurs qui filaient dans les airs en direction de la ville. Seuls les habitants des autres mondes qui n’y avaient jamais posé le pied pouvaient penser que la planète n’était qu’un vaste désert de neige.


Une réflexion sur “PREMIÈRES LIGNES #95

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