PREMIÈRES LIGNES #104

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Chapitre premier

De la fenêtre de sa chambre, dans la tourelle de l’hôtel particulier parisien de Mada Vittora, Anouk ne voyait pas la fontaine qui se dressait tout au bout de la rue des Amants. Elle voyait, en revanche, les âmes pleines d’espoir qui foulaient le trottoir, touristes et Parisiens confondus, certains le nez plongé dans leur guide, d’autres connaissant le chemin par cœur : tous venaient formuler des vœux qui, selon une obscure légende du XVe siècle (rendue célèbre par un film sorti l’été précédent), se réaliseraient par un simple contact avec l’élément porte-bonheur de la fontaine. Quel élément porte-bonheur en particulier, Anouk l’ignorait. Personne n’était capable de lui dire ce que la statue représentait. Aucun des livres de la maison ne faisait la moindre allusion à cette légende, et Mada Vittora interdisait les ordinateurs et les écrans de télévision. Peut-être s’agissait-il d’une sirène au milieu des flots, d’un cheval caracolant, ou d’un petit garçon faisant pipi, et dont les faiseurs de vœux devaient toucher une certaine nageoire, ou un certain sabot, ou une certaine… partie du corps. Anouk ne pouvait même pas le découvrir de ses propres yeux. Mada Vittora lui interdisait formellement de quitter la maison. De toute sa vie, qui avait duré douze mois et huit jours même si on lui aurait volontiers donné dix-sept ans, elle n’avait jamais posé davantage que le gros orteil de l’autre côté de la porte d’entrée.
Un couple marchait sur le trottoir d’en face, et Anouk s’installa sur le rebord de la fenêtre, le menton dans les mains, pour les observer. Des touristes, sans aucun doute. Des Américains. Leurs baskets trop blanches les trahissaient. Ils se tenaient par la main, ce qui la fit sourire, mais ils arboraient un air soucieux. Elle y était habituée. Obnubilés par l’objet de leur désir, les faiseurs de vœux n’hésitaient pas à effectuer ce détour dans la périphérie du seizième arrondissement, dans un quartier de Paris qui ne comptait aucune attraction ni célèbre pâtisserie ni café ni monument, hormis cette mystérieuse fontaine, dans l’espoir que la légende dise vrai


Chronique : Grim Lovelies, tome 1 : Grim Lovelies, Megan Shepherd.

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