PREMIÈRES LIGNES #113

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Prologue

L’odeur de la pluie musquée et fraîche qui tombe sur le parterre de feuilles mortes s’infiltre dans mes narines, en même temps qu’un poids me compresse l’estomac de plus en plus fort. La pluie tombe. Chaque partie de mon corps est engourdie par le froid. J’expire dans mes mains en coupe en dessous de mon menton pour voir s’élever la buée blanche qui sort de ma bouche.

Je suis à bout de souffle, mais je cours encore jusqu’à ce que je n’y arrive plus. Je n’entends plus que ma respiration et les battements de mon cœur tambouriner dans mes oreilles. Il faut que je m’éloigne, mais la distance ne changera jamais rien, il me retrouvera.

Il est derrière moi, je le sens.

Des picotements parsèment ma peau et courent sur ma nuque jusqu’à se nicher le long de ma colonne vertébrale, comme si ses yeux se promenaient sur mon corps et détaillaient chacun de mes mouvements.

Je reconnais ce sentiment qui enfle dans ma poitrine et fait accélérer les battements de mon cœur.

Affolée, je me tourne pour le voir. Le jeune homme de mes rêves porte toujours cette capuche noire qui m’empêche de voir son visage.

Pourtant, je sais au fond de moi que je le connais. Sa présence me fait plus de peine que de peur.

Il avance vers moi doucement. Je m’immobilise un moment pour reprendre une bouffée d’air qui me brûle la trachée, et je distingue la silhouette floue se diriger dans ma direction d’un pas calme et volontaire. Mon estomac se tord.

Mon cœur s’emporte à nouveau, battant contre les parois de ma poitrine comme un fou furieux. Je sens les gouttes de pluie glaciales descendre dans mon dos, laissant leur sillon sur ma peau. De nouveau, comme si mon devoir était de fuir cet individu, comme si au fond je savais qu’il me voulait du mal, je donne une nouvelle impulsion à mes jambes et reprends ma course effrénée. Les branches des arbres me griffent le visage et ce détail, cumulé à la pluie et à la brume blanchâtre qui envahit la forêt, rend ma tâche d’autant plus ardue.

J’inspire et j’expire aussi fort et vite que je le peux mais j’ai la sensation que tous mes organes me lâchent. Je suis épuisée. Pourtant, les pas que je décèle derrière moi me poussent à continuer de fuir.

Puis soudain, comme un coup de tonnerre dans l’air, une voix déformée résonne comme un écho. Elle parvient jusqu’à moi et me glace le sang.


Chronique : Visions, Flora Armonie.

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