PREMIÈRES LIGNES #121

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

Prologue

MICAH

Normal. Ce mot m’a poursuivi toute ma vie. Et ce soir, alors que l’amour flotte partout autour de moi tel un nuage radioactif, je me sens une fois de plus oublié par la ronde. Les gens s’aiment ouvertement. Ils se câlinent, s’embrassent, se touchent, se goûtent en public… Mais ça ne m’attire pas comme ça le devrait. L’idée d’aimer, si. Mais elle m’apparaît comme un idéal que je n’obtiendrai peut-être jamais. Un fantasme assouvi par mon imagination, ou nourri par la fiction.
L’amour. Ouais, ça me plairait. Même si je suis témoin de ce que ce sentiment pousse à faire chez certaines personnes, la façon dont il les change… Est-ce que j’ai envie de devenir comme ça, moi aussi ? De ne plus me ressembler ? De calquer ma vie sur une autre ? De devoir m’offrir même lorsque je n’en ai pas envie ? De dépendre du bon vouloir, des désirs, et des caprices de quelqu’un ? Ouais, quelqu’un, car je n’ai aucune idée de qui cette personne pourrait être. Et ça aussi, ça m’a longtemps perturbé.
Micah, tu n’es pas normal.
Assis sur le quai balayé par le passage du métro, cette phrase toxique résonne une énième fois dans ma tête. L’amour n’est pas ce qui me dérange le plus, bien au contraire. Ce que je ne supporte pas est cet étalage qu’on nous impose à nous, commun des mortels. Ces échanges de salive impudiques. Ces mains baladeuses à la recherche de chair à palper. Ces regards lubriques partagés, ou parfois même, qu’on nous adresse. Je déteste ces choses. Elles me dérangent. Et le pire, est qu’elles sont partout. Encore plus ce soir alors que le quatorze février a tiré hors de chez eux les couples, les célibataires désespérés et les aventures d’une nuit.
Sur le quai d’en face, un homme caresse une femme sous sa robe. Son rouge à lèvres a abandonné sa bouche pour s’étaler sur le visage de son amant. Ils partagent un échange avide, le genre suffisamment explicite pour nous forcer à détourner les yeux. C’est ce que j’ai fait dès que je les ai remarqués. Mais un mec en costards les observe envieusement depuis près de cinq minutes. Merde. Moi, ça me retourne les tripes.
Micah, tu n’es pas normal.


Chronique : Love Me, Saison 4 : Slow, Effie Holly & Ryanne Kelyn.

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