PREMIÈRES LIGNES #128

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Julie :

1

Là où naît la nuit …

3 h 12. Elle s’est encore endormie sur son canapé, ses lunettes en écaille toujours sur le nez, ses yeux collés par le mascara qu’elle n’a pas pris le temps d’enlever, la main sur le dossier Berthelot.
    Il est vrai que cette affaire l’oblige à puiser dans ses réserves d’énergie depuis des semaines déjà. Un cas sordide, un père incestueux. Ce n’est pas son premier gros dossier mais chaque session aux assises est préparée minutieusement, anticipée, calculée. Rien n’est laissé au hasard, jamais. Elle y consacre un temps incroyable et ne ressort jamais indemne de ces décisions de justice. D’aucuns parleront de conscience professionnelle. On pourrait presque penser qu’elle se nourrit de cette adrénaline judiciaire. Elle se sent enfin en vie quand elle met sa robe noire, et sa relation la plus intime des derniers mois était avec un Code pénal. Elle part tôt, rentre tard, et s’endort régulièrement au milieu de ses dossiers, dans son canapé-bureau-salle à manger.

    Le téléphone sonne. Sa main le cherche à tâtons, sur le dossier, sous le dossier. Sa voix peine à sortir de sa gorge.
    – Allô ?
    – Sarah Fischer ?
    – Oui ?
    – Je m’appelle Philippe Morel. Je suis médecin aux urgences du CHU d’Orléans. Votre frère a été conduit chez nous par les pompiers. Il faudrait que vous veniez, vite.
    – Mais…
    – Ne perdez pas de temps, mademoiselle Fischer.
    Il a raccroché. La spécialiste de l’anticipation est perdue. Enfiler un jean, trouver les clefs de la voiture, elle se concentre sur ce qui lui paraît à sa portée. Elle ne se laisse pas le temps de réfléchir à quoi que ce soit. Être dans l’action, ça la connaît. Elle met ses peurs sous cloche. Ça aussi, ça la connaît.


Chronique : Ferme les yeux et fais un vœu, Cécile Bergerac.

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