PREMIÈRES LIGNES #199

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de EMY et JULIE:

ROMANE TALENSKI

Lundi 2 avril 2018 – 6 h 45

Depuis son petit appartement de la rue Jean Jaurès à Boulogne-Billancourt, Romane sillonne comme chaque matin la ville sur son engin de malheur. Elle file le long du quai Louis Blériot bien au-delà de la vitesse autorisée.
Ainsi, la route jusqu’au 76 avenue des Champs-Élysées ne lui prend jamais plus d’un quart d’heure. Le T-Max lancé à pleine vitesse, Romane slalome entre les véhicules au pas et lorsque le feu passe au rouge, elle relâche les gaz pour s’approcher en douceur de la première ligne. Comme elle ne met l’index sur le levier du frein qu’en cas d’extrême nécessité, elle sursaute quand dix mètres devant elle, une portière côté passager s’ouvre brusquement. Elle presse le doigt pour un arrêt d’urgence et du haut de son mètre soixante-dix, aboie sur le jeune homme penaud qui s’extirpe de la voiture avec un air abasourdi.
⎯ Espèce d’abruti ! crie-t-elle.

⎯ Vous n’avez qu’à rouler moins vite.

⎯ Les rétros, c’est pas pour les aveugles ni pour les chiens !

⎯ Tarée ! scande-t-il en claquant la portière alors qu’elle s’éloigne déjà.

Voilà à quoi ressemble le quotidien de Romane en matière de transport : des embouteillages, des incivilités, des gestes obscènes de la part de conducteurs excédés, des automobilistes laxistes qui oublient de regarder dans leur rétroviseur avant de changer de file, des accrochages évités de justesse. En bref, une collection de maladresses trop fréquentes dans cette ville surpeuplée. Quand elle s’engage dans la rue George V, la voie dégagée lui permet de débouler rapidement sur la plus belle avenue du monde. Le feu passe au vert et elle tire sur la poignée de l’accéléra-teur, traverse le boulevard et comme elle ne supporte pas l’inconfort des pavés qui recouvrent les Champs, elle emprunte finalement le trottoir pour achever son trajet. Si son amie Agathe considère que travailler ici est un luxe, pour Romane qui ne profite guère de cet environnement luxueux, l’emplacement des bureaux de Rambling & Cie représente une contrainte.


CHRONIQUE : LES PIEDS DANS LE TAPIS, EMILY AUDRIN.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s