PREMIÈRES LIGNES #117

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de Emy :

L’ère du freinage

Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver.
            Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner.
            Quarante-deux années avaient été nécessaires pour interrompre la rotation de la planète, soit trois de plus que dans le plan initial dressé par le gouvernement de la Coalition. Ma mère m’a raconté comment elle avait contemplé en famille le dernier crépuscule. Le soleil était descendu, lentement, comme s’il avait décidé de faire halte sur la ligne de l’horizon. Trois jours et trois nuits s’étaient écoulés avant qu’il disparaisse enfin. Bien entendu, à compter de cet instant, il n’y a plus eu ni “jour” ni “nuit”. Pendant longtemps – une décennie environ –, l’hémisphère Est a été enveloppé dans un crépuscule permanent, car le soleil n’avait pas totalement sombré derrière l’horizon : la moitié du ciel visible était encore inondée de sa lueur. C’est durant cet interminable âge crépusculaire que je suis venu au monde.
            Mais crépuscule ne signifiait pas obscurité : les propulseurs terrestres illuminaient de leur splendeur tout l’hémisphère Nord. Ils avaient été installés en Asie et en Amérique du Nord, les deux seuls continents dont la structure géologique pouvait supporter l’énorme poussée engendrée par les machines. Au total, douze mille engins étaient répartis sur les plaines américaines et asiatiques.
            Depuis l’endroit où je vivais, je pouvais voir les gigantesques faisceaux de plasma jaillissant de centaines de propulseurs. Imaginez-vous d’abord un palais colossal, aussi grand que le Parthénon, soutenu par d’innombrables colonnes crachant une lumière bleue et blanche, tels d’énormes tubes fluorescents. Imaginez-vous à présent n’être qu’un simple microbe sur le sol de ce palais. Voilà le monde qui était le mien. Cette description n’est cependant pas tout à fait conforme à la réalité, car la rotation de la Terre était freinée par la composante tangentielle de la poussée générée par les propulseurs. Ce qui signifiait par conséquent que les propulseurs projetant les faisceaux dans le ciel devaient être inclinés selon un certain angle. La vision d’une telle scène avait de quoi traumatiser les visiteurs venus de l’hémisphère Sud !


Chronique : Terre Errante, Cixin Liu.

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