PREMIÈRES LIGNES #140

Bonjour, ravie de vous retrouver pour ce rendez-vous du dimanche : premières lignes, créé par Ma Lecturothèque. Cela permet ainsi de se faire une idée sur le livre que nous allons lire voire même de faire une belle découverte. Nous aimons beaucoup le principe.

Le concept est simple, chaque dimanche, il faut choisir un livre et en citer les premières lignes.


Le choix de EMY :

Chapitre 1

« Cours, cours, petite Âme,
    Le Chasseur a apporté sa Lame. »
    Comptine Shaal’

Aliénor sella son cheval et s’enfonça dans les profondeurs de la ville, là où les ténèbres avalaient la lumière. Malgré les cris d’horreurs qui parvenaient à ses oreilles, la jeune femme trouvait la capitale étrangement calme. Bientôt, des troupes entières de Gardiens fourmilleraient dans les rues, répandant terreur et destruction sur leur passage. Aliénor sourit en songeant que tout ce désordre serait de sa faute. La cité ne resterait pas paisible très longtemps.
    Den’Jahal avait bien changé depuis sa dernière visite, six mois auparavant. L’influence des Âmes s’était intensifiée dans le cœur de chaque être humain, les rendant plus vils et plus cruels qu’ils ne l’avaient jamais été. Dans les rues de la ville basse, plus fort qu’ailleurs, on entendait des cris de douleur. Des appels au secours que lançaient des femmes battues et les pleurs d’enfants abandonnés semblables à une musique terrifiante ou une pièce de théâtre d’épouvante.
    Pourtant, tout était bien réel et ne faisait qu’empirer.
    Partout où Aliénor se rendait, elle retrouvait chaos, misère et famine. Âmes faibles, ils étaient relayés au rang de vermines, les Shaal’s étaient livrés à eux-mêmes dans ce monde où vie et mort s’entremêlaient dangereusement.
    À Wënalmor, la puissance des Âmes faisait loi. Ceux qui naissaient sans en porter se voyaient considérés comme des erreurs dans ce système, régi par la violence et la peur. Ils étaient recherchés par les Gardiens, soldats protecteurs du royaume, avant d’être exterminés. Un génocide qui se justifiait ainsi dans les règles établies : les Nés-Sans-Âmes étaient pures abominations, des Porteurs de Vide habités par le mal. Et le mal se devait d’être éradiqué.
    Den’Jahal, la Ville Rouge, condensait cette cruelle réalité avec davantage d’intensité que les autres cités du continent, comme un privilège sordide accordé à la capitale, une porte vers l’enfer.
    Alors qu’elle poursuivait son chemin à travers les ruelles, le regard d’Aliénor accrocha sur un petit garçon. Assis sur un tonneau, devant un bar où les effluves d’alcool se mêlaient aux rires des ivrognes, il sanglotait. Ses larmes peinaient à nettoyer son visage crasseux et ses vêtements étaient si usés qu’ils devenaient lambeaux autour de son corps maigre. La jeune femme descendit de son cheval et se plaça devant lui, tandis qu’il levait vers elle des yeux effrayés.
    – Ne t’inquiète pas, je ne te veux aucun mal. Comment t’appelles-tu ?

    – Dy… Dyclan, murmura-t-il.
    – Enchantée, Dyclan. Moi, c’est Aliénor. Pourquoi pleures-tu ?
    – Il a tué Maman.
    Sa phrase s’acheva dans un terrible sanglot et la jeune femme ne put résister à l’envie de le prendre dans ses bras. Le garçon s’abandonna à son étreinte et Aliénor le berça doucement.   


Chronique : Chasseuse d’âmes, tome 1 : La danse des ombres, Megära Nolhan & Pryscia Oscar.

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